Hier j’étais avec une amie à la conférence

Heureux d’apprendre à l’école.
Comment les neurosciences peuvent changer l’éducation

une conférence organisée par Les Arènes et Rencontres Perspectives à l’occasion de la publication du livre de Catherine Gueguen “Heureux d’apprendre à l’école”.
Catherine Gueguen est pédiatre, pratique l’haptonomie et la Communication Non Violente.

J’en suis sortie confirmée dans le chemin que j’ai choisi, réintroduire un toucher bienveillant et nourrissant dans notre société mais aussi encore plus sensibilisée sur l’urgence de faire évoluer l’éducation et l’accompagnement de la maternité. Je me concentrerai dans cet article sur l’éducation.
Je vous retranscris ici ce que j’en ai retenu.

 

 

 

Neurosciences cognitives et neurosciences affectives et sociales

En France lorsque nous parlons des neurosciences, ce sont généralement des neurosciences cognitives (ce qui est intellectuel, qui conditionne le langage par exemple). C’est dans ce champs que des études sont faites dans notre pays. Beaucoup moins étudiées chez nous mais très suivies ailleurs dans le monde depuis plus d’une vingtaine d’année, ce sont les neurosciences affectives et sociales, c’est-à-dire les mécanismes du cerveau autour des émotions, des sentiments et des capacités émotionnelles. Ce sont elles qui permettent de voir l’importance des compétences socio-émotionnelles dès la plus jeune âge.

Nous partageons tous sur terre le besoin

  • d’être écouté – dans ce que nous sommes,
  • d’être compris – dans ce que nous disons,
  • d’être soutenus – dans ce que nous faisons.

Malheureusement ce besoin n’est pas souvent satisfait. Et Les neurosciences confirment que ce besoin est d’autant plus important pour l’enfant car son cerveau est très malléable (de la grossesse à 2-3 ans, jusqu’à 7 ans et même jusqu’à l’adolescence) et que ce qu’il vit à ce moment là peut avoir des conséquences irréversibles.

De quoi l’enfant a besoin ?
D’un environnement empathique, soutenant et aimant.
Or d’après une étude de l’UNICEF, dans le monde 4 enfants sur 5 sont soumis à une discipline violente, que ce soit en paroles ou en agressions physiques.
Pourquoi tant d’enfant subissent ça ? Car leurs parents et grands-parents ont subi cela et ont pensé / pensent que c’est là la façon d’éduquer leur enfant.

Les neurosciences nous aident à appuyer la nécessité d’un changement de mode éducatif de par le monde.

 

Les émotions

Cela passe par une meilleure connaissance des émotions.

Mais que sont les émotions ? A quoi elles servent ? Faut-il les exprimer, les réprimer ?

Une émotion est une réaction biologique avec une expression corporelle suite à un stimulus. Une émotion n’est ni bonne ni mauvaise, il n’y a pas à la juger. Nous avons sans cesse des émotions : ce sont des réactions primaires qui changent en permanence (Catherine Gueguen a préféré ne pas faire la distinction précise entre émotions et sentiments pour clarifier son discours). Elles nous permettent d’avoir des informations :

  • une émotion désagréable, la vie ne correspond pas à ce que je souhaite ;
  • une émotion agréable : mes besoins profonds sont reconnus, satisfaits.

Se couper de ses émotions ne permet plus de donner une orientation à sa vie qui nous corresponde.

Les enfants, petits, n’ont pas la capacité cérébrale de gérer leurs émotions. Ils ne font donc pas de « caprice ». S’il se mettent dans un état que nous étiquetons « caprice », il est important de donner un cadre qui permet une sécurité affective, de se mettre à l’écoute avec une intention de bienveillance. Proposons lui empathie, expression de ses émotions et apaisement.
Grâce à notre réaction, la maturation du cortex orbito-frontal se fera harmonieusement.

Pourquoi la maturation du cortex orbito-frontal est-il si important ?
C’est parce qu’il permet

  • de gérer les émotions
  • le sens éthique et moral
  • faire des choix
  • d’être en empathie avec l’autre.

Quelques exemples de conclusions tirées des études compilées par Mme Gueguen :

-Les paroles blessantes, humiliantes, méprisantes altèrent le fonctionnement des circuits neuronaux et de zone participant à la compréhension du langage et donnent aussi des somatisations, des troubles anxieux, des dépressions.
-La maltraitance émotionnelle diminue le volume du corex orbito-frontal.

Mais aussi :

-Lire une histoire tous les jours pendant 2 mois à un groupe de 4 à 6 enfants de 2 à 3 ans puis échanger sur l’expression des émotions, comprendre leurs causes, les réguler augmente les comportements d’entraide, de l’expression des émotions et leur compréhension et favorise le développement global du langage.
-Quand on développe les compétences socio-émotionnelles chez l’enfant, il progresse énormément sur le plan personnel, dans ses relations et dans sa réussite scolaire.

Pour cela, les encadrants doivent pouvoir expérimenter ce qu’est la communication non violente pour pouvoir l’appliquer aux enfants. Quand je parle d’encadrants, il y a les parents, les enseignants, les ATSEM, les assistantes maternelles, toutes les personnes en contact avec les tout petits.
Catherine Gueguen rapporte le chiffre de 30% de burn-out chez les enseignants.
A quand un passage obligé par la case Communication Non Violente pour nous tous ? Des classes moins chargées ? …

 

Des méthodes adaptées pour aider, accompagner petits et grands

L’ampleur de la tâche est là.
Mais si chacun d’entre nous fait plus attention à la façon dont il s’adresse aux enfants (et aux adultes), il peut permettre aux enfants comme à son entourage d’expérimenter des relations apaisées – même en cas de désaccord.

Je me sens consolidée dans ma démarche de relation d’aide par le toucher autour de la femme enceinte et des enfants en bas âge par les informations reçues lors de cette conférence (qui n’est pas sponsorisée par mes deux techniques principales Gestalt Massage® et Programme de Massage à l’école (MISP) !).
En effet, des études montrent qu’un « contact doux » a des effets positifs sur la maturation cérébrale des enfants, que le maternage a des effets très positifs sur la maturation du cerveau et fait sur les facultés intellectuelles et affectives – en organisant des ateliers de Massage à l’école par exemple.
Même si ce toucher n’a pas été suffisamment présent dans l’enfance, la résilience est possible, en expérimentant la « bien-traitance », par le Gestalt Massage® par exemple.

Je m’excuse d’avance des approximations et des raccourcis que j’ai pu faire dans cet article. Le domaine des neurosciences est complexe !

Merci à Catherine Gueguen pour cette merveilleuse conférence.

Pour aller plus loin
-A la Librairie Les P’tits Papiers, vous pouvez commander l’un des livres de Catherine Gueguen.
-Le Gestalt Massage®
-Le Massage à l’école (Massage in Shools Programme) mis en action par MISA-France.
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