Collage Marion Dumange 2020 (Autresreg’arts)

31 décembre 2020, reg’arts en arrière sur une année intense

En janvier, certification en Gestalt Massage autour de la grossesse, qui m’a donné l’occasion de retravailler le sujet du deuil périnatal que j’ai choisi d’approfondir en me formant au massage NatalLa.

En février, premier confinement, un arrêt de la vie “classique”, temps de pause.

En juin, j’animais des ateliers philo auprès d’enfants d’école primaire qui revenaient progressivement après le confinement : poser des mots, être en contact, raconter. La profondeur de leurs pensées. La soif d’être en lien, de toucher, de parler.
Et formation en Méditation à l’école auprès de l’AME (Association Méditation dans l’Enseignement).

En septembre, je commençais un cycle de formation pour devenir psychothérapeute et j’accompagnais une amie pendant son accouchement (voir mon article) et j’accueillais son merveilleux bébé.

En octobre, Samuel Paty est assassiné dans ma ville, Conflans Sainte Honorine.
A la fin du mois, second confinement.

Décembre, les fêtes façon covid.

Mort, naissance, renaissance.
Le cycle de la vie, très présent cette année.

Pour retracer cette année intense je me suis tournée vers mon amie Marion Dumange, animatrice d’ateliers art-thérapie et journal créatif®, entre autres (https://www.autresregarts.com/).

Je lui ai expliqué que j’avais envie… peut-être même “besoin” de beauté et que ses collages me touchaient.
Vous savez ce truc “non essentiel” qu’est l’art.

Nous sommes passées des mots à la création artistique.
Dans un échange téléphonique intense, j’ai posé en vrac toute la richesse, tous les événements, mes découvertes sur moi et sur le monde, mes colères, mes tristesses, mes joies, mes bonheurs, mes envies, mes peurs, tous mes projets… En est ressorti une pépite.

Un avis de passage dans ma boîte aux lettres, c’est le moment d’aller récupérer mon paquet. Je n’ai pas vu d’étape intermédiaire. 

Confortablement installée sur mon zafu dans mon cabinet, un café fumant à mes côtés, j’ai déballé lentement le paquet. Le collage était soigneusement emballé dans du papier de soie de plusieurs épaisseurs. Enlevées une à une, les couleurs et les formes se faisaient plus précises. L’émotion commençait à monter. Mon chat est venu me rejoindre.

J’ai hésité entre appeler Marion ou lui envoyer des SMS.
J’ai choisi les SMS. Un “Stream of consciousness” à la Virginia Wolf pour me laisser habiter le moment, l’émotion, sans y mettre tout de suite des mots.

Je suis la Nature, la Réunion intense en train de me découvrir progressivement.

Je passe d’une polarité à l’autre, du Soleil à la Lune, protégée par la bulle luxuriante. Et progressivement mon espace se remplit d’eau, pour boire, pour vivre pleinement avec douceur, délicatesse et intuition.

Mon éternel bébé, Bérénice-Emilie est là dans mon cœur.
Une petite bougie allumée pour l’éternité.

Mes ailes et les papillons m’aident à sublimer l’épreuve.

Et les mots que j’écris alimentent l’être que je suis.

Ma chatte Titounette vient me voir alors que j’ouvre mon paquet. Cette chatte qui s’abandonne contre moi allongée entre mes deux seins, comme un bébé – un fil invisible qui la relie à Bérénice-Emilie, présente à cet instant d’une manière ou d’une autre.

Mais c’est de moi dont il s’agit dans cette œuvre, moi véritablement.

Avec un fond noir qui se colore petit à petit de petites taches dorées pour le soleil, argentées pour la lune, de plus en plus grandes au fur et à mesure que le regard balaye l’œuvre de bas en haut : la lumineuse pétillance, l’authenticité joyeuse sera.

Elle remplit l’espace, avec son compagnon l’Amour – avec le support du noir, de la tristesse, des polarités, qui permettent d’apprécier en conscience le bonheur d’être, le bonheur de vivre.

La main tendue avec le cœur, c’est en même temps, cet amour que je m’offre précieusement. 
Et en même temps les connexions fortes avec les autres.
C’est aussi toi, Marion, cette main.

Le petit liséré argenté me fait penser au cadre de la Gestalt, ce cadre qui rassure et en même temps qui permet la liberté à l’intérieur, symbole de mes luttes entre “ce qu’il faut faire” et ce qui se passe lorsque je laisse venir les choses. Pourquoi lutter ? Les deux vont très bien ensemble !

Le petit bateau qui vogue par tous les temps, petit clin d’œil à la Bretagne et au port de Vannes.

La femme nue aux rondeurs de Maman, aux rondeurs de l’Amour, exposée et pudique avec la pivoine qui masque son pubis. Exposée et authentique.

Des larmes, beaucoup de larmes.
Cette œuvre m’a touchée. Je me suis reconnue.

Gratitude.
Merci Marion !”

(Le collage de Marion selon moi)

Au fond du paquet, une lettre de Marion, m’expliquant comment elle avait vu les choses….

“Une femme nue, d’une élégance délicate se repose au creux d’une fleur de lotus, tel un ange. Authentique et sincère, elle s’est engagée, en confiance, sur le chemin de la connaissance de soi, lui révélant sa nature profonde.

Le frêle esquif en papier indique qu’elle a accepté le voyage pour aller à la rencontre d’elle-même et des autres. Il symbolise le mouvement vers…

Apaisée et sereine, sa tête effleure l’eau. Au pied de la cascade, elle vient clarifier ses idées. Le livre de la Vie est ouvert, éclairé par la lumière de la Connaissance. Cette femme est maître de son destin et écrit son histoire dans l’Histoire.

Les expériences sont sa richesse et les papillons qui s’envolent, représentent les différentes étapes de sa transformation, sur son chemin de croissance. Elle a appris la perte, le deuil pour pouvoir renaître, tel le Phénix, plus forte à chaque fois. C’est ainsi qu’elle a acquis ses ailes puissantes et protectrices.

Cette femme est reliée à la Terre et aux étoiles, par le cercle du mandala qui unifie les différents plans et dimensions, ce qui est en haut et ce qui est en bas. La cruche du haut représente l’esprit tandis que celle du bas symbolise, le corps et le mental. 

Cette femme est reliée à sa nature cyclique ainsi qu’aux rythmes perpétuels des jours et des nuits, des saisons qui donnent corps à la vie. Elle accueille sa part d’ombre et de lumière, intégrant les différentes phases et aspects d’elle-même, jouant et composant avec la palette infinie des couleurs de son être et de son âme. Le soleil et la lune, archétypes du masculin et du féminin, l’accompagnent sur son chemin, à la rencontre de ses différentes énergies.

Le pouvoir créateur de la femme est représenté par la main tendue, ouverte avec un cœur. Elle évoque un esprit d’ouverture ainsi que la voix et la voie du cœur, symbolisant l’amour de soi et des autres. L’amour c’est donner, la cruche du haut, et recevoir la cruche du bas.

La boule lumineuse blanche et bleue au milieu du mandala évoque la quête de la voie du milieu, de l’harmonie, accessible, à portée de main…”

(Le collage de Marion selon Marion)

Et vous à quoi aurait ressemblé votre collage pour cette année 2020 ?
Quelles émotions traversées ? Quelles couleurs présentes ?
Qu’est-ce que qui rend la vie belle ? L’intensité ? L’harmonie de l’ensemble ?

Dites moi…

2020 s’achève. 2021 va commencer.
Je vous souhaite une année 2021 selon vos besoins. Peut-être intense, calme, sereine, palpitante ? Nous ne pouvons pas changer les événements extérieurs mais nous pouvons essayer de changer la manière dont nous les vivons.
Au plaisir de continuer à vous accompagner dans les méandres de nos vies.
Merci pour votre confiance.

Marie-Laure, 31/12/20

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Les illustrations du collage sont issues des magazines “Respire”, “Flow” et “Happinez”. La femme nue est issue d’une peinture de l’artiste Julia Stankova “S’endormir” 200