Ce matin je suis allée courir pour être en contact avec moi-même. J’aime observer mes pensées qui s’apaisent et m’étonner de voir que mon corps réussit à me porter – et qu’il pourrait faire bien plus que l’effort que je lui demande.

Pour la première fois, j’ai eu quelques instants de course où mes pensées ne m’envahissaient plus et où mon corps ne me parlait pas de muscles en souffrance : cet état dont parlent les accros du footing et que je n’avais jamais expérimenté. C’était une sensation d’harmonie avec moi-même et le monde : la vie était simple et belle.
J’avais l’impression d’être la reine du monde.
J’avais déjà eu cette sensation lors de mon premier Gestalt Massage®. A la différence, qu’en fin de séance, j’étais bien ancrée et présente à moi-même.

Ce matin le cycle de contact avec moi-même s’est interrompu brutalement par une chute. Je m’étais laissée entraîner dans un ailleurs idéal ; je m’étais sentie m’envoler. Une sensation délicieuse… Mais je n’étais plus dans l’ici et maintenant ; je n’étais plus en contact. Dans le Gestalt Massage®, si le besoin du client est d’avoir un moment de fuite, c’est possible de lui fournir le cadre lui permettant de s’endormir sur la table. Mais le praticien reste vigilant, il l’ancre régulièrement et gère la phase “d’atterrissage”, cette phase qui va de la détente profonde au retour à sa vie.

Pas celle de Newton !

Ce matin, mes réflexes ont bien fonctionné. J’ai réussi à atténuer le choc – je faisais du 10 km/h d’après mon appli de footing.
A terre, j’ai tout de suite vérifié l’état de mes mains, mes outils de travail. Ouf, “ce n’était rien”.
Et là, une petite voix m’a dit “Ce n’est pas rien : tu es tombée, ton genou est en sang, ton legging est troué, des mains sont meurtries ; des émotions te traversent : lesquelles ? De quoi as-tu besoin maintenant ?”.
Oui, je ne m’étais pas fait de blessures graves mais j’avais eu peur : ce n’est pas “rien”.
C’était une émotion à reconnaître, pas à minimiser ou à nier.
J’étais aussi un peu triste : plusieurs voitures sont passées au moment de ma chute – j’étais sur le trottoir, aucune ne s’est arrêtée. Je n’avais pas besoin d’aide mais un peu d’empathie, de lien m’aurait fait du bien.
Quand un enfant tombe, notre réaction est souvent de lui dire : “Allez c’est rien, arrête de pleurer”. Les sensations, les émotions qu’il vit sont vraies et bien présentes. Il est important qu’il puisse les vivre et les identifier pour pouvoir se construire harmonieusement, pour qu’il puisse s’écouter, se respecter. Cela m’a fait pensé à un article que j’avais lu récemment. Le voici.

Et maintenant, me voici avec mes leggings de footing préféré, troué. C’était le plus confortable. Sa couleur était un peu passé depuis 3 ans que je l’utilise mais il était mon fidèle compagnon. Il m’a accompagné pour deux fois pour “la Parisienne” et pour une “Course des Princesses” au château de Versailles. Si je le jette, cela ne m’enlève pas les souvenirs liés à ces courses que je n’aurais jamais cru pouvoir faire un jour.
Mais je ne souhaitais pas acheter de nouveaux leggings : en phase de dé-consommation ou au moins de consommation plus consciente, cela tombe mal. Après, je vais voir si des fées pourraient le réparer ; ou si je peux en trouver d’autres en friperie.

Tout ça pour une “simple” chute… ?